Opinion

Amyot et Davidson: Expérience internationale recherchée : les études à l’étranger sont bénéfiques pour le Canada

Ce texte d’opinion a été publié dans le Ottawa Citizen en novembre 2021* Texte d’opinion par Denise Amyot et Paul Davidson
Curieusement, depuis que la pandémie nous a amenés à passer plus de temps à domicile, le monde nous semble moins grand. Seuls devant nos écrans, nous avons constaté les multiples liens qui nous unissent en tant qu’habitants de la même planète.

Les conséquences du réchauffement climatique ainsi que des feux de forêt qui faisaient rage à des milliers de kilomètres d’ici se sont fait ressentir chez nous. Le prix des aliments a augmenté et nous avons dû nous inscrire sur des listes d’attente pour nous procurer des articles électroniques en raison de problèmes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Et, bien sûr, après avoir assisté à la propagation du virus d’un pays à l’autre, nous avons applaudi les brillants scientifiques canadiens et étrangers qui se sont entièrement consacrés à la mise au point des vaccins.

Cette nouvelle réalité a révélé l’importance des compétences mondiales et d’une nouvelle main-d’œuvre formée de diplômés qui possèdent une bonne compréhension du monde, notamment composée d’étudiants autochtones ou handicapés, ou de personnes qui n’auraient autrement pas eu les moyens financiers de vivre des expériences à l’étranger.

Avec la levée progressive des restrictions de voyage, il est temps de relancer et d’encourager les études à l’étranger. Le Canada a besoin de diplômés dont la vision du monde a été enrichie à l’extérieur de ses frontières. Nous ne sommes pas les seuls à le reconnaître. La Stratégie en matière d’éducation internationale du gouvernement du Canada pour 2019-2024 souligne l’importance des expériences internationales qui exposent les étudiants à des cultures et à des idées différentes.

Le programme Expérience compétences mondiales lancé ce mois-ci fait partie intégrante de cette stratégie. D’ici 2025, il aura offert à plus de 16 000 étudiants canadiens l’occasion de voyager à l’étranger dans le cadre de leur parcours postsecondaire. Ces étudiants ramèneront de leur voyage des expériences, des points de vue et des aptitudes prisés par les employeurs d’aujourd’hui et nécessaires à une économie prospère.

Compte tenu de l’immensité de notre pays, il est surprenant de constater que les Canadiens ne sont pas portés à voyager dans le cadre de leurs études. Au Canada, seulement 11 pour cent des étudiants au premier cycle et trois pour cent des étudiants au collégial choisissent d’étudier à l’étranger, soit bien moins que les étudiants d’autres pays semblables. En effet, en France, 33 pour cent des étudiants participent à ce genre d’expériences, et en Allemagne, 29 pour cent. Et si vous croyez que la situation géographique de l’Europe explique ces meilleurs résultats, sachez que 19 pour cent des étudiants australiens et 16 pour cent des étudiants américains réalisent une partie de leur formation postsecondaire à l’étranger.

Diverses raisons expliquent cet écart. Nous savons que le Canada est un pays où il fait bon vivre, et nos universités et collèges proposent une offre incroyable. Nous savons aussi que certains étudiants s’inquiètent des coûts, du transfert des crédits de cours ou encore des occasions qu’ils manqueront s’ils partent. D’autres étudiants ne se reconnaissent tout simplement pas parmi les personnes qui partent étudier à l’étranger.

Le programme Expérience compétences mondiales vient éliminer plusieurs de ces obstacles. Il offre notamment du soutien aux étudiants défavorisés sur le plan économique, aux étudiants autochtones et aux étudiants handicapés. Ce financement peut comprendre des services de garde d’enfants ou la présence d’un aîné comme accompagnateur de voyage, par exemple.

Le programme encourage aussi les étudiants à visiter des destinations moins populaires. Outre les États-Unis, la France, l’Angleterre et l’Australie, une foule d’autres pays offrent également des occasions exceptionnelles de poursuivre des études postsecondaires, comme le Pérou, la Finlande, le Japon, ou la Corée.

Les étudiants qui ont vécu un séjour à l’étranger considèrent que l’expérience a changé leur vie. Mahdiyyah Kasmani s’est rendue en Turquie dans le cadre de ses études en criminologie et en droits de la personne à la Wilfrid Laurier University. Elle affirme que cette expérience lui a conféré une plus grande indépendance. « C’est important de se concentrer sur ses études, mais l’apprentissage se poursuit également à l’extérieur des salles de cours. »

Akbar Qaderi étudiait la justice criminelle au Humber College lorsqu’il a voyagé à Ogana, au Mali. « Être exposé à différentes cultures et comprendre leurs valeurs et leurs croyances permet de devenir un meilleur policier, avocat ou agent de services correctionnels. En fait, on devient une meilleure personne. »

Les étudiants qui voyagent acquièrent des aptitudes en communication interculturelle et une meilleure compréhension des différences culturelles. Les retombées pour les entreprises, les services sociaux, les services de soins de santé et le secteur des communications sont considérables. Le simple fait de prendre les transports en commun et de faire l’épicerie dans un autre pays forge la capacité d’adaptation des étudiants. Ces derniers tissent des liens à l’étranger qui leur donnent un avantage concurrentiel sur le marché du travail.

C’est ce que les employeurs recherchent. Une expérience à l’étranger montre à l’employeur que le candidat est ouvert au changement et que son expérience sort du cadre de la salle de classe.

Dans une étude menée par Léger Marketing sur les petites et moyennes entreprises au Canada, 82 pour cent des employeurs ont dit que les employés possédant des connaissances interculturelles et une bonne compréhension du marché mondial représentaient un avantage concurrentiel. Une étude de la Higher Education International Unit du Royaume-Uni a indiqué que les étudiants dotés d’expérience à l’étranger sont plus susceptibles de trouver un emploi dans les six mois après avoir reçu leur diplôme et de gagner davantage qu’un étudiant n’ayant pas voyagé.

Mais les avantages des études à l’étranger vont bien au-delà des gains individuels. Chaque expérience renforce nos liens internationaux et nos objectifs commerciaux. Le programme Expérience compétences mondiales vise à instaurer de manière pérenne une culture de mobilité étudiante vers l’étranger au sein du modèle d’éducation postsecondaire canadien.

Cette initiative de collaboration à l’échelle du pays compte déjà 54 collèges et instituts ainsi que 56 universités de partout au Canada prêts à mettre en œuvre des projets liés à plus de 100 pays.

Quand les déplacements seront à nouveau sécuritaires, rappelez aux étudiants que vous côtoyez qu’il est à nouveau possible de rêver, et qu’un passeport peut leur ouvrir une foule de possibilités!

Denise Amyot est présidente-directrice générale de Collèges et instituts Canada. Paul Davidson est président-directeur général d’Universités Canada.

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